Les sneakers à vos pieds : un investissement qui marche ?

Dirigez votre regard vers le bas : oui, il y a de fortes chances que vous portiez une tendance mondiale à vos pieds. Depuis longtemps, les sneakers ne sont plus seulement un objet usuel, mais également la marque d’un style de vie, voire de la personnalité. Mais cette image a un prix. Une paire d’Air Jordan ou de Yeezy coûte facilement quelques centaines d’euros en magasin et vaut parfois même 10.000 euros sur le marché de “resellers”, un marché secondaire de vente. Les sneakers seraient-elles dès lors un bon investissement ?

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Le collectionneur Ciel a environ 120 paires de sneakers dans son armoire. « Non, je n’ai pas de problèmes (rires). Je suis juste un fan absolu de baskets. Je suis tombé dedans en faisant du sport : le basket et les sneakers sont étroitement liés. » Ce lien remonte à 1984 quand Nike a lancé l’Air Jordan I, la chaussure à laquelle la star de la NBA Michael Jordan a prêté son nom. « C’est un mariage parfait : le meilleur basketteur de tous les temps et la chaussure la plus emblématique de tous les temps.” Aujourd’hui, Nike en est déjà à l’Air Jordan XXXVI, la 36e chaussure de la série. « Ma paire préférée ? L’édition spéciale Air Jordan I conçue par Billie Eilish l’année dernière. En vert fluo et à porter exclusivement seulement lors d’occasions spéciales (rires). J’ai pu les acheter sur le site spécialisé StockX pour 250 euros. Et si je pouvais les revendre à un très bon prix ? Non, je les garderais : elles me vont trop bien. Ces sneakers, c’est vraiment moi. « 

Milo aussi a une tonne de sneakers dans son placard. « Dans un dressing plus précisément, dans mon antre. Parfois, je reste juste là à les admirer, à profiter de la vue (rires). » Milo a attrapé le virus autrement : par le hip-hop. « J’étais super fan de Kanye West, à l’époque où il était, comment dire… un peu plus normal. Kanye a sa propre ligne de chaussures de sport, Yeezy, qu’il produit en collaboration avec Adidas. Dès qu’il rappait à propos d’une paire de “patta”, il me les fallait absolument. » Et pour les avoir, Milo était prêt à aller loin. « J’ai campé devant un magasin de chaussures de sport pendant plusieurs jours pour pouvoir acheter une paire exclusive de Yeezy Boost. Il n’en existe que 10 000 exemplaires dans le monde. Si je serais prêt à les vendre ? Ça ferait mal, mais si l’offre est incroyable, je pourrais l’envisager. Et acheter de nouvelles paires avec tout cet argent. »

On parle de millions de dollars

Les sneakers étaient déjà tendance dans le monde entier, mais la pandémie a encore boosté leur succès. En travaillant à la maison, on s’est tous rendu compte de l’incroyable confort d’une journée sans chaussures serrées ou à talons.  Et nous sommes nombreux à vouloir préserver ce confort à tout moment et partout. Le magazine économique Forbes estime que le marché fulgurant des sneakers vaudra quelque 196 milliards de dollars d’ici 2030 !

Le marché de “resellers” constitue une partie tout à fait particulière du marché des sneakers : il s’agit de la revente d’exemplaires neufs et exclusifs, à des fans ou à des collectionneurs. Via des applis comme Vinted ou des plateformes comme StockX, c’est plus facile que jamais. Dans une boutique, une paire exclusive coûte “seulement” quelques centaines d’euros (et il faut parfois camper plusieurs jours devant le magasin pour les avoir). En les revendant ensuite en ligne, on peut obtenir un multiple de ce qu’on a payé vu la forte demande depuis les États-Unis jusqu’au Japon. Même la société de vente aux enchères Sotheby’s a désormais une rubrique dédiée aux sneakers « de seconde main » sur son site web. La paire la plus chère en vente chez eux en ce moment ? Des Nike Kanye West Huarache 08 Glow in the Dark Tour Sample, pour 50 000 $.

Un investissement intéressant ?

Faut-il courir s’acheter quelques paires sneakers exclusives dans l’espoir qu’elles prennent de la valeur ? C’est ici qu’il vaut mieux garder les pieds sur terre. Un investissement classique se caractérise par le fait qu’il rapporte des “liquidités”, par exemple sous la forme d’une rente ou de dividendes que vous touchez. Vous avez donc une vision claire de la valeur de votre investissement à tout moment. Ce qui n’est forcément pas le cas pour les sneakers, comme pour tout objet de collection. Difficile, donc, de déterminer leur valeur réelle : elle dépend en effet d’un véritable jeu entre l’offre et la demande, ou, pour le dire en langage populaire de « ce qu’un idiot sera prêt à donner pour l’avoir ». On observe aujourd’hui cette même spéculation dans le domaine du bitcoin par exemple. On pourrait croire qu’il s’agit d’investissement, parce que les médias relatent des histoires de réussite et de profits spectaculaires. Mais c’est tout sauf la norme : beaucoup de gens se retrouvent les mains vides, car ce qu’il faut ici, c’est avant tout de la chance. En décidant d’investir dans des chaussures, vous “pêchez” en outre contre le sacro-saint principe de la “diversification maximale”. En tant qu’investisseur, mieux vaut en effet ne jamais mettre tous ses œufs dans le même panier. Pour limiter les risques, on conseille vivement de répartir ses investissements sur diverses entreprises, dans différents secteurs et même sur plusieurs continents. Ce qui n’est évidemment pas le cas pour les sneakers : si cette tendance mondiale devait diminuer ou disparaître, les investisseurs ayant opté pour cette approche seraient dans leurs petits souliers.

D’autres solutions pour investir ?

Vous cherchez toutefois un moyen intelligent de faire fructifier votre épargne ? Vous pouvez dans ce cas opter pour une approche différente et envisager un véritable investissement. Ne vous inquiétez pas si ce n’est pas votre domaine : vous pouvez commencer par vous informer, ici, sur les 7 principes de base de l’investissement. Votre agent Crelan se fera également un plaisir de vous expliquer les choses en détail. Et notamment que vous pouvez déjà investir à partir de 25 euros par mois !

Disclaimer : Les informations contenues dans cette publication constituent un commentaire général sur la situation financière actuelle et ne doivent pas être considérées comme un conseil ou une recommandation concrète en matière de produits financiers.